Des nouvelles d'Aleix Renyé par l'auteur lui-même 17

Publié le par L'Œil du Pharynx

aleix

Tous les vendredi l'écrivain , journaliste et homme de scène Aleix Renyé , nous régale de ses nouvelles

MONOLOGUE

 

Mec, j'sais pas, j’étais lancée... j’en avais envie, très envie... t’es pas effrayé, au moins ?... c’est que, quand le désir me monte comme ça, aussi fort, je ne peux pas attendre, ni m'arrêter... faut dire que toi aussi, quand tu t’y mets... on dirait un fou et, plus tu t’excitais, plus la chaleur me m'envahissait ici, en bas... je ne sais plus combien de fois ça montait et descendait, allait et venait... bien avant que tu n’entres en moi déjà j’ai eu un orgasme et, après, je n’ai pas arrêté... ouf! je suis crevée... tu vois, maintenant je suis bien relax... ça fait quelque temps que ça ne m’arrivait pas, de le faire comme ça... avec autant de... conviction... j’étais à bout, angoissée, il fallait que je baise comme il faut... et toi? ça fait longtemps? .. si je n'avais pas baisé aujourd’hui, je crois que j'aurais rendu l'âme... Mec, il faut voir, aussi, comme tu m’as chauffée!.. Tu regardes les femmes toujours comme ça?.. Heureusement qu' à la fin, tu t’es décidé... j’avais déjà mal au bas-ventre tellement j'avais envie de toi... et oui, oui, nous aussi on a mal quand on passe trop de temps excitées... ici, tu vois, c’est comme une... quelque chose... comme un chatouillement à la fois délicieux et dérangeant, une envie folle... comme vous, qui avez mal si vous bandez longtemps sans vous soulager... houla ! rien que d’en parler je suis à nouveau comme ça, j'sais pas... bon, oui, je le sais... mec, tu m’as mise dans tous mes états en me fixant avec ces yeux myopes, insistants, bien près de moi, en me parlant de cette façon insolente... tu le sais, hein?... et en plus tu me racontais comme tu es maladroit avec les femmes... comme tu ne vois pas en quoi tu peux plaire... et moi, qui ne pouvais pas me concentrer, j’écoutais ta voix et je brûlais d’envie de t’embrasser... de te manger tout entier, ducon!... Et il ne faut pas croire que je fais ça avec le premier venu... de cette façon, avec toi c’est un truc qui ne m’arrive pas souvent... c’est vrai! tu me crois, hein?...qu’est-ce que tu crois, tu m’as plu tout de suite... t’as un je-ne-sais-quoi... on te voit comme perdu, distrait... un charme très personnel... je sais pas... j’ai eu envie de toi immédiatement... et quand tu fais ces bisous timides... je fonds!...tu sais, jamais je ne l’avais fait comme ça... avec un mec qui me regarde droit dans les yeux tout en me pénétrant... c’est ça, oui, qui m’a fait avoir autant de plaisir... Waouh, mec! je mouille à nouveau... t’as pas envie de recommencer?.. qu’est que tu en dis?... hein?.. tiens, je me colle un peu... comme ça, tu vois, contre ta cuisse...tu le sens, comme je suis chaude, humide?... mec, tu sembles une statue!... tu veux que je fasse tout?... tu veux rester comme ça sans bouger?.. allez, mec, dis quelque chose!.. remue-toi quoi!..
Le fils de pute! ce mec s’est endormi!!

GLOUTON


Il le sait qu’il se fait remarquer, il est conscient qu’il fait parler de lui... mais c'est plus fort que lui. Il est glouton. S’il voit une table avec des apéritifs et boissons il ne peut pas résister! Il est le premier à s’y approcher et le dernier à s’en éloigner. Il ne part pas jusqu'à la dernière cacahuète ou jusqu'à la fermeture des portes.
Son nom et son allure font partie du folklore de tout vernissage, apéritif, repas associatif, mariage, inauguration et toute sorte d’actes où il est question d’un apéritif, d’un repas -chaud ou froid- ou d'une dégustation. Tout en s'attaquant aux mets divers et variés il fait mine de s'intéresser au sujet de la rencontre; pour tant soit peu qu’il ait mémorisé des conversations et exposés, tout au long des années? il doit être un des citoyens les plus informés et cultivés du pays.
Peinture, histoire, politique, littérature, presse... tous les sujets lui conviennent pour goûter tout en discutant, nonchalant, une olive, un canapé de saumon, des cacahuètes, un morceau de pizza, un petit gâteau, un verre de vin...
Sa furie gloutonne ne passe pas inaperçue. elle fait l’objet de rialleiries dans les salons mondains et dans les permanences de partis ou syndicats. Mais sa présence est devenue un test de réussite.. Si deux vernissages ou tout autre acte social coïncident à la même heure, sa présence est la preuve du succès de l’une sur l’autre. Il a comme un sixième sens pour savoir où sera servi le meilleur et le plus copieux des buffets .
Les responsables de protocole et les organisateurs de toute sorte d'évènements de tout poils s'enquièrent en premier auprès de lui pour savoir si “tout se passe bien”, si les choix de denrées sont à son goût... Il peut faire et défaire la réputation d’une association, d'une galerie ou d’un parti politique simplement en donnant son avis sur la qualité.et l'abondance de ses choix gastronomiques.
En tout cas, c’est un plaisir le voir manger, heureux, tout en faisant la conversation à qui mieux mieux veut bien échanger avec lui. Le seul bémol, c’est qu’il remplit discrètement, en pensant passer inaperçu, une poche de tout ce qu’il peut récupérer, pour finir son repas à la maison.

Publié dans Littérature

Commenter cet article