Le billet de Florence Jou

Publié le par L'Oeil du pharynx


Je taille des écorces dans la peau de mon voisin, qui ne sent plus combien ce qu'il vient de dire peut-être
violent pour moi.

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Sur le fil de nos conversations, nous pensons nous rencontrer; je milite pour garder ma plantation de café. En sueur, pleine de l'odeur d'une terre qui ne veut pas de moi et dont je ne désire plus pénêtrer l'âme, je poursuis cette improbable mission que nul ne m'a attribuée; mais je me suis entichée de cette chienne de vie. De ce fauve, en cette nuit.
Une femme m'arrête sur un banc, elle veut une cigarette, elle réclame une image à jamais perdue,
que je suis incapable de lui livrer, parce que moi-même, j'ignore que les aiguilles du temps assassinent les intrus de la création.


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Un poète passe sous sous le pont, se mire dans l'oeil du cyclope et réclame son dû. Comme toi.
Moiteur d'une salle de cinéma où les dupes colloquent sentimentalement.


A lire : L'agrume de Valérie Méjean.
A voir : White material de Claire Denis.
A lire : Nicolas Tardy (site internet).


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