Les lectures de "L'oeil du Pharynx" par Nicolas caudeville

Publié le par L'Oeil du pharynx

La littérature n'est pas d'abord facile. A vrai dire, ses courtisans l'ont tellement affublé du masque de la gravité afin d'en garder un accès privatif, qu'on finit par oublier que derrière celui-ci elle possède de délicieux traits.

Les barbons de la culture se comportent avec la chère enfant comme des duègnes suspicieuses qui ont horreur que l'on badine avec la littérature.

Pour eux, le rire est le propre du singe (dixit le vénérable Yorguer face à Guillaume de Baskerville dans "Le Nom de la Rose"), alors qu'il est en fait le propre de l'homme.

Roland Barthes disait : « la naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’auteur ».

En effet, son idée est que l'auteur doit céder sa place au lecteur, qui réécrit le texte pour lui-même (on dit volontiers depuis qu'il en possède sa propre lecture).

C'est pourquoi ce que vous allez entendre n'est pas à proprement parler une « lecture », mais plutôt la bande-annonce du livre.

Comme dans une bande-annonce de cinéma, on mixera des scènes qui ne vous raconteront pas l'histoire du livre, mais vous en donneront une sensation, une perception, qui nous l'espérons vous donneront l'envie de le lire et même de le faire partager.

Parce que c'est ça la lecture.

Par son appropriation, elle est un cadeau que l'on a envie d'offrir.

L'œil du Pharynx a eu aussi envie de mettre en valeur les créateurs locaux, hommage ici à Patrick O'Brian, écrivain des aventures sur mer du Capitaine Aubrey et du médecin Stephen Maturin, enterré avec sa femme Marie au cimetière de Collioure.

Salut à un écrivain de roman noir bien vivant celui-ci, Gildas Girodeau.

Quatre aventures de Paul Feder ont été publiées jusqu'à présent chez Cap Béar édition :

« Rouge tragique à Collioure », « Malaguanyat, terminus cap béar », « Nucléar Parano à Port-Vendres » et « Pas de répit pour les cafards ».

Celui-ci, marginal qui vit sur un voilier, à la recherche de tranquillité, se trouve toujours impliqué malgré lui dans des histoires mélangeant l'espionnage, la barbouzerie, la raison d'état et la résurgence du passé du héros.

Le tout avec ce qu'il faut d'ail et d'huile d'olive. On est dans le polar méditerranéen.

Plus précisément, dans « Pas de répit pour les cafards », ce sont les restes du génocide rwandais qui remonte jusqu'au port de Port-Vendres, une photo compromettante pour un agent de la « Françafrique », la trace d'un mercenaire à la « retraite » et la trace d'un sang qu'il est difficile à effacer : pas de répit non plus pour les femmes de ménage !

Dans « Nucléar Parano à Port Vendres », on danse avec le lobby du nucléaire français qui se confond avec l'ombre de l'état et ses agents. Le Rhône charrie ses radiations jusqu'à la côte Vermeille. Malheur a qui veut le raconter au plus grand nombre...

Venez avec nous sur des chemins qui ne mènent pas à Rome, mais dans les entrailles du pays catalan. Après la lecture, nous aurons le plaisir d'interviewer l'auteur ainsi que sa traductrice. Ah oui, la parano du nucléaire est en Catalan....

Les lecteurs sont aussi accompagnés de musiciens eux-même lecteurs, guitare, harmonica, violon.

10062010052Les yeux du Pharynx sont : Laurence Chelli, Joan Planes, Benjamin Gross, Gaël Roé et Nicolas Caudeville.

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