Les nouvelles aventures de Bob Dainar 6 par Nicolas Caudeville

Publié le par L'Œil du Pharynx

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"Cette ville est si horrible, que sa seule existence et permanence contamine le passé et l'avenir. Et de quelque façon compromet les astres. Aussi longtemps qu'elle subsistera, personne au monde ne sera courageux ou heureux" Borges in L'immortel.
  
Comment une balle tirée de la place Cassanyes avait-elle pu atteindre sa cible dans un bureau du quartier St Jean? Le tueur aussi bon soit-il défiait les lois de la physique connue... Le corps d'Argatha venait de choir, transpercé par une munition dense et véloce. Dainar eut à peine le temps de percevoir un vortex qui se refermait. Les seules personnes à sa connaissance qui faisait voyager leurs balles par vortex interposés pour leurs assassinats étaient la secte des Assassins (voir saison 2, Bob Dainar contre l'Opus Déi).
Les Assassins ne succombèrent pas tous sous les coups des Mongols en 1258 ; le septième successeur d’Hassan, Rokneddin Kharchah, régnait alors. Les Mongols, sous la conduite d’Houlagou, le vainquirent et le mirent à mort. Les Assassin, recherchés dans toute l’Asie, furent impitoyablement massacrés, partout où il fut possible d’en trouver. Cependant ils ne purent tous être atteints, et il en existe encore aujourd’hui en Perse, sur les bords de l’Indus et du Gange, et dans les montagnes du Liban ; ils sont toujours les meilleurs professionnels recherchés pour leurs liquidations spectaculaires. La personne qui avait payé ce meurtre devait avoir de puissantes raisons et le compte en banque dans un paradis fiscal qui allait avec.
Robert devait trianguler rapidement afin de retrouver d'où était parti le coup. Il appela Jane de son portable pour qu'elle mette le cadavre dans leur grand congélateur et lança sa triangulation par échos sonar pour retrouver la trace d'une anomalie temporelle.
Pendant ce temps place Cassanyes, les choses s'accéléraient. Les magrébins ayant entendu le coup de feu pensèrent tout de suite à un coup des gitans. Depuis mai 2005 c'était un réflexe pavlovien... Et comme on n'avait su le fin fond de l'histoire - ou en tous cas que la version officielle - la moindre étincelle pouvait provoquer un coup de grisou. Bref, à l'extérieur de la pièce où Gunther remballait à toute vitesse son armement, ça commençait à « charder velu ». Et il n'avait pas « les couilles sorties des ronces » le Gunther. Dans son centre d'entrainement de San Carlos Barialoché en Argentine, ses mentors lui avaient enseigné qu'il n'y avait pas de problème qui ne trouve sa solution; comme il n'y avait pas de pot qui ne trouve son couvercle. Ou alors, que sans quoi, ce n'était vraiment pas de bol ! Les toits, les toits étaient la meilleure solution de replis et point d'exfiltration possible. Pas de trappe d’accès au toit, il allait devoir passer par la façade. De là, il pourrait être visible d'en bas et être repéré. Mais, les autres - ceux d'en bas - semblaient se déplacer vers la place du Puig, imprécant contre l'autre moitié du quartier. Il brisa la vitre et, ayant fixé son arme en bandoulière, il projeta son grappin sur le fait de la maison.
Dainar avait scanné la zone où le vortex avait disparu l'anomalie temporelle partait d'un appartement de la place Cassanyes, là où il demeurait. Il était à cinq minutes, en courant. Il se rua vers le quartier. Son matériel, du temps où il bossait pour les services de renseignement jésuites, était toujours utile. Ce que ces gens étaient ingénieux, dommage qu'ils aient perdu dans la lutte qui les opposait à l'opus déi pour le contrôle du Vatican. La face du catholicisme en eut été changée. Mais ceci était une autre histoire. Et il devait pister l'assassin d'Argatha s'il voulait remonter jusqu'aux commanditaires.
Gunther, lui, avait réussi à se hisser. Il observait désormais la foule en colère qui se dirigeait vers la place du Puig. Dainar sans le savoir se dirigeait vers cette foule « lincheuse » au sens de Gustave Lebon...

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