Les nouvelles aventures de Bob Dainar 9 par Nicolas Daubanes

Publié le par L'Œil du Pharynx

nicolas daubanes 

 

Nicolas Daubanes est une étoile montante de l'art contemporain, issu des beaux-arts de Perpignan. Il a installé son travail sur l'enfance et l'incarcération, en la chapelle Saint-Sébastien de la forteresse de Salses, pendant tout l'été, (du 26 juin au 6 septembre dernier). Il a voisiné (!) notamment avec les artistes Jacques Monory, Anna Malagrida, Didier Morin, de l'exposition régionale évasion "Casanova forever".


"La victoire revient à celui qui tient le dernier quart." Carl Von Clausewitz.

 

Bob se dirige alors vers cette voix si suave qui s’offrait à lui. Il suit la jeune femme dans ces appartements.

 

Il se traine.

 

Des rideaux pourpres qui ne laissent pas passer la lumière du soleil, un tapis râpeux, une table basse noire en bois peint et un canapé sur lequel la jeune femme l’a allongé ne sont uniquement les seuls objets qu’il a pu distinguer ou sentir en entrant. Il est abasourdi par les coups qu’il vient d’essuyer. Il préfère laisser ses yeux fermés, ces derniers lui faisant un mal de chien. Il tente de se relever… Il s’écroule, se tord de douleur. Il pose sa main droite sur son ventre, ses doigts palpent de la chaleur et de l’humidité… 


- … Non !!? balbutie t il de peur.

 

Un dernier effort lui permet de relever son bras, la rougeur de ces phalanges ne lui permet pas d’autre constat possible : il saigne. La jeune femme s’en était aperçu et avait déjà préparé des compresses stériles et de l’eau chaude. Elle lui nettoya la plaie. La douceur d’un gant tiède se fit sentir sur le front de Bob. Tout se passa dans le silence. Notre valeureux reporter se laissait porter par la douceur de cette fille.

 

Ce n’est qu’au bout de quelques minutes qu’elle brisa le silence avec ce que Bob rêvait d’entendre :

 

- C’est tout à fait superficiel mon ami, tu seras remis d’ici deux ou trois jours.

 

Ne prononçant aucun mot, Bob ne fit qu’acquiescer ce que la jeune femme lui dit, avec un léger sourire. Tout semble loin pour Dainar, le meurtrier, le congélateur… Il ne comprend même pas plus comment il en était arrivé là. Il se contente de maintenir ses yeux fermés, sa bouche, elle, reste entrouverte, il respire profondément, se plait à ressentir tout ses membres.

 

- C’est extraordinaire … se dit-il. C’est extraordinaire de tous les ressentir, je ressens tout mon corps, il est entier, putain… j’ai tout en place… »

 

Doucement il entrouvre ses yeux, il voit légèrement flou. Cette jeune fille semble belle, une peau légèrement brunie par le soleil, des cheveux long tombant, Bob se perd à tenter de remonter son regard le long de la chevelure pour y trouver le visage de cette mystérieuse personne. La peur, la bousculade, les blessures laissent place à la plénitude. Il en est désormais certain, cette fille est superbe, il souhaite dormir… Il se dit qu’il se réveillera, plus tard… Ses pensées se mélangent …

 

Il se réveille, il a du dormir quelques heures, se dit-t-il.

 

Ses paupières se soulèvent, il ne voit que du vert… Tout est VERT !!! Un aplat vert parfait ! Légèrement clair !!! Il tente de parler mais n’y arrive pas, il suffoque presque, sa gorge contient quelque chose !!!

 

- Qu’est ce que c’est que ce délire !!


Il parvient tout juste à distinguer ces quelques mots :

 

- Dairnar, prénom : Bob, d’après ces papiers, il est reporter ou quelque chose dans le genre, les pompiers l’ont ramassés après une bagarre dans st Jacques, il délire, parle tout seul, tente de parler à une jeune femme, il présente une blessure faite à l’arme blanche à l’abdomen, profonde, ... vos gants monsieur...

 

Le champ stérile posé sur le visage de notre victime se plaque contre sa peau, comme un linceul. 

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