Un nouveau texte de Elisabeth torrés Duxan

Publié le par L'Œil du Pharynx

elisabeth torrès

Sarah s’interdisait de laisser transparaître le moindre sentiment, la moindre émotion ; Elle s’était forgé tant bien que mal une carapace en pensant, en croyant, qu’elle allait pouvoir résister à tout. Oui mais, voilà. Elle avait tout prévu sauf cela.

Son passé l’avait meurtri, l’amour auquel elle croyait l’avait renvoyé à ce qu’elle était c'est-à-dire : « pas grand-chose ». Sarah ne croyait plus en rien ou presque rien et encore moins à l’amour tant on lui avait fait sentir qu’elle n’était rien si ce n’est de la « merde » et, elle avait décidé afin de conjurer le sort, de ne plus permettre à un homme de la traiter ainsi.

Alors, elle a fait en sorte de tout cloisonner, de tout fermer, de tout verrouiller à double tour, de tout sceller. Elle avait décidé de ne plus aimer, de ne plus se laisser aimer.

Oui mais, voilà : elle avait décidé. Elle ! Sarah avait décidé et rien qu’elle. Pas lui. Pas le destin. Qu’est-ce qui fait que le sort en décide autrement ? Qu’est-ce qui fait qu’au moment où elle pensa que tout était réglé comme du papier à musique, au moment où elle pensa que sa vie prenait irrémédiablement une autre route que celle qu’elle avait pressenti lorsqu’elle était plus jeune, les évènements, le concours de circonstances chamboulent toutes ses certitudes et balayent ses prérogatives.

Qu’est-ce qui fait qu’il y a des signes qui ne trompent pas, des coïncidences trop énormes.

Ah, ces aléas de la vie … !

Et là, toutes les règles auxquelles elle se raccrochait volèrent en milliers d’éclats. Là, elle se sentit à découvert, fragile à nouveau et elle commença à se dire que « ce n’était pas juste » ou tant bien même que « c’était super » mais elle n’osait ni elle ne voulait se l’avouer.

Elle râla, pesta, maugréa. Elle pressentait qu’elle allait être une nouvelle fois le dindon de la farce malgré elle si elle ne le stoppait pas à temps mais, paradoxalement, elle avait tellement envie d’y croire, tellement besoin d’amour, celui auquel implacablement elle se refusait  ...

Il ne correspond pas à son idéal masculin – mais son mari non plus, n’y correspondait pas -, elle ne l’a pas calculé d’entrée ; Oui mais, voilà : il s’est passé quelque chose. Quelque chose qui fit qu’elle su, à ce moment là, que c’était déjà trop tard.

Et là, elle avait beau avoir la tête sur les épaules, les pieds bien ancrés dans le sol, …, la seule, l’unique partie de son corps qui en avait toujours fait qu’à sa tête, - qui ne se soumet pas aux règles -, avait décidé de suivre les battements du métronome qui s’emballe lorsqu’elle le vit.

Ses oreilles entendirent à moitié ce qu’il lui racontait et ses yeux quant à eux, ne cessèrent de le dévorer. Elle l’observa, l’observa, l’observa à s’en user les yeux. Sarah commença à compter les probabilités du « Et pourquoi pas ? » et là, qu’elle le voulu ou non, elle su

qu’elle était fichue. Adieu veau, vache, cochon ; L’amour, vois-tu, ne se commande pas.

Publié dans Littérature

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DUXANS 12/04/2011 07:26


Avoir aussi bien compris ce texte ; Merci.


FR 11/04/2011 20:56


Sarah est chanceuse "Etrange est l'équilibre qui s'établit entre la page blanche, la machine à écrire, le corps, l'esprit, secrète osmose, jeu de vases communicants, alchimie de l'amour"