BOB DAINAR

Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 06:10
- Par L'Œil du Pharynx - Publié dans : BOB DAINAR

julien.jpg

 

Julien Caudeville est chercheur en expologie (science de l'exposition aux risques des populations) à l'INERIS , il termine une thèse sur "evaluation des risques sanitaire des populations aux substances chimiques". Il a effectué plusieurs mission au Burkina Faso pour l'intallation de tri sélectif. Mais est aussi organiste de talent.

 

"Il vaut mieux faire l'information que la recevoir. Il vaut mieux être acteur que critique." W Churchill.

 

 

« La plaie est impressionnante mais vous êtes hors de danger », Bob grogna. « Vous étiez juste au mauvais endroit au mauvais moment ». Il avait déjà entendu ça plusieurs fois dans sa vie. Bob doutait. Etait-il encore au milieu d’un rêve absurde, ou dans l’un de ses innombrables flash-back… Bob avait du mal à discerner la réalité ces temps-ci. C’est le prix à payer d’une vie fatigante, rythmée par de multiples et improbables voyages. Comment lui en vouloir…

 

Pour pallier ce problème, il avait développé une méthode. Bob balançait une phrase absurde et l’extravagance des répliques des personnages du théâtre de son imagination lui permettait de quantifier le degré de réalités dans lequel il évolué. Bob tenta un « Je dois partir tout de suite, demain j’ai une attaque de train ». La situation était absurde, mais pas la réponse : « Vous n’étiez pas censé vous réveillé, et je vous conseille d’attendre que l’on vous recouse, vous avez un trou à l’abdomen ». Bob comprit qu’il n’était pas dans un rêve cette fois-ci.

 

La deuxième étape de la méthode constituait à rassembler ses souvenirs pour reconstruire les événements qui l’avaient menés dans cette situation délicate. Le traitement brutal que le chirurgien appliquait à sa barrière cutanée lui permit de se remémorait plus facilement les circonstances du coup de couteau qu’il avait reçut à l’abdomen : le vortex, la balle, son lynchage et la gitane qui voulait le protéger de ses bras. Bob était exposé à un flash-back, il en était sur. Il se traine vers elle, une armoire à glace lui fait face, aussi menaçant que le couteau qu’il manipule fébrilement. Bob n’est pas impressionné pour autant, il joue la carte de la diplomatie : « Mon ami, il semble que tu n’ais pas à l'esprit le risque présenté par les lames coupantes ou les accessoires pointus. » La phrase est trop longue pour être efficace. Bob s’écroule, l’abdomen transperçait. Décidément Bob vieillit. 

 

On lui racontera plus tard le déroulement des événements. Le bruit du tir avait réveillé de mauvais souvenir. La mécanique était bien rodée, en une demi-heure une centaine de magrébin avait investit la place du Puig pour en découdre,supposant un nouveau règlement de compte. Il était décidément difficile d’être gitans de nos jours. Les gitans s'étaient enfuis vers leurs collègues de la place Cassanyes.  Les étals de fruits et légumes se transformèrent en barricade fortune. Les CRS étaient intervenus pour rétablir l’ordre public. Les belligérants s’était longuement observées, incertains, et un événement quelconque (la chute d’une cagette de courgette provoqua la crispation et le premier tir de Jo dit « la gachette », avait-on rapporté) avait jeté les deux parties dans un affrontement sanglant. Flashball et tonfa télescopique contre fusil à pompe, carabine, couteau et sabre.

 

Bob était stupéfait, il comprit que ces événements allaient en générer de plus grave encore, c’est l’effet papillon : une balle perdue allait indéniablement entrainer le squattage de l’espace publique par les philosophes mondains a qui on permettrait de diffuser leurs états d’âmes sur la monté du communautarisme en France. Il fallait également prévoir la mise en place de lois sécuritaires supplémentaires. 

 

L’infirmière est douce, elle explique à Bob sans être sure qu'il l’écoute vraiment que son opération à entrainé des « complications ». Bob n’écoute pas les mots, il se concentre sur le son mélodieux de la voix. Ce comportement avait déjà provoqué de nombreuses complications relationnelles avec les femmes. Si il avait suffisamment écouté les propos de la jeune fille, il aurait pu apprendre qu’on lui injecter une dose de morphine méchamment titrée, vu son apparente résistance aux anesthésiants classiques.

 

Il a quelques années, Bob était un grand amateur d’opiacé. Bob consommé sans compter. Il n’avait aucune angoisse à calmer, aucun ennuie à tuer. Il considérait cette activité comme récréative. Ce n’est pas les dégradations physiques qui le poussèrent à stopper sa toxicomanie, ses saignements de nez l’amusait énormément. Dans ses dernières chasses de dragon, la prise d’opium entrainée chez Bob des effets étranges, sa conscience se disloquait, se contractait à l’infini, tous ses sens sublimés portés sa perception sur des sentiers rarement explorés. Les lendemains de ces voyages était généralement soldés par des nausées, des vomissements et la prise de décisions gravement raisonnables. Ces prises de conscience lui permettaient de rétablir positivement des situations délicates et de reprendre le contrôle d’un bateau depuis longtemps parti à la dérive. Il avait donc décidé d’arrêter. Les conséquences bénéfiques n’avait jamais fait parti du contrat. 

 

L’alcaloïde faisait son effet. Alors que ses récepteurs saturés modifiaient le fonctionnement de son système limbique, Bob sentait son esprit se dissoudre. Bob nageait dans ses eaux sombres, réminiscence du future, prédiction du passé : c’est ce que l’on appelle communément la confusion...

 

 À suivre...

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 09:50
- Par L'Œil du Pharynx - Publié dans : BOB DAINAR - Communauté : ecrivains en herbe

nicolas daubanes 

 

Nicolas Daubanes est une étoile montante de l'art contemporain, issu des beaux-arts de Perpignan. Il a installé son travail sur l'enfance et l'incarcération, en la chapelle Saint-Sébastien de la forteresse de Salses, pendant tout l'été, (du 26 juin au 6 septembre dernier). Il a voisiné (!) notamment avec les artistes Jacques Monory, Anna Malagrida, Didier Morin, de l'exposition régionale évasion "Casanova forever".


"La victoire revient à celui qui tient le dernier quart." Carl Von Clausewitz.

 

Bob se dirige alors vers cette voix si suave qui s’offrait à lui. Il suit la jeune femme dans ces appartements.

 

Il se traine.

 

Des rideaux pourpres qui ne laissent pas passer la lumière du soleil, un tapis râpeux, une table basse noire en bois peint et un canapé sur lequel la jeune femme l’a allongé ne sont uniquement les seuls objets qu’il a pu distinguer ou sentir en entrant. Il est abasourdi par les coups qu’il vient d’essuyer. Il préfère laisser ses yeux fermés, ces derniers lui faisant un mal de chien. Il tente de se relever… Il s’écroule, se tord de douleur. Il pose sa main droite sur son ventre, ses doigts palpent de la chaleur et de l’humidité… 


- … Non !!? balbutie t il de peur.

 

Un dernier effort lui permet de relever son bras, la rougeur de ces phalanges ne lui permet pas d’autre constat possible : il saigne. La jeune femme s’en était aperçu et avait déjà préparé des compresses stériles et de l’eau chaude. Elle lui nettoya la plaie. La douceur d’un gant tiède se fit sentir sur le front de Bob. Tout se passa dans le silence. Notre valeureux reporter se laissait porter par la douceur de cette fille.

 

Ce n’est qu’au bout de quelques minutes qu’elle brisa le silence avec ce que Bob rêvait d’entendre :

 

- C’est tout à fait superficiel mon ami, tu seras remis d’ici deux ou trois jours.

 

Ne prononçant aucun mot, Bob ne fit qu’acquiescer ce que la jeune femme lui dit, avec un léger sourire. Tout semble loin pour Dainar, le meurtrier, le congélateur… Il ne comprend même pas plus comment il en était arrivé là. Il se contente de maintenir ses yeux fermés, sa bouche, elle, reste entrouverte, il respire profondément, se plait à ressentir tout ses membres.

 

- C’est extraordinaire … se dit-il. C’est extraordinaire de tous les ressentir, je ressens tout mon corps, il est entier, putain… j’ai tout en place… »

 

Doucement il entrouvre ses yeux, il voit légèrement flou. Cette jeune fille semble belle, une peau légèrement brunie par le soleil, des cheveux long tombant, Bob se perd à tenter de remonter son regard le long de la chevelure pour y trouver le visage de cette mystérieuse personne. La peur, la bousculade, les blessures laissent place à la plénitude. Il en est désormais certain, cette fille est superbe, il souhaite dormir… Il se dit qu’il se réveillera, plus tard… Ses pensées se mélangent …

 

Il se réveille, il a du dormir quelques heures, se dit-t-il.

 

Ses paupières se soulèvent, il ne voit que du vert… Tout est VERT !!! Un aplat vert parfait ! Légèrement clair !!! Il tente de parler mais n’y arrive pas, il suffoque presque, sa gorge contient quelque chose !!!

 

- Qu’est ce que c’est que ce délire !!


Il parvient tout juste à distinguer ces quelques mots :

 

- Dairnar, prénom : Bob, d’après ces papiers, il est reporter ou quelque chose dans le genre, les pompiers l’ont ramassés après une bagarre dans st Jacques, il délire, parle tout seul, tente de parler à une jeune femme, il présente une blessure faite à l’arme blanche à l’abdomen, profonde, ... vos gants monsieur...

 

Le champ stérile posé sur le visage de notre victime se plaque contre sa peau, comme un linceul. 

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 00:42
- Par L'Œil du Pharynx - Publié dans : BOB DAINAR - Communauté : ecrivains en herbe

philippe-assens.jpg

 

"Vine, vine, pastoret !

 

Vine amb mi dintre de l'aigüa,

 

que hi veuràs el meu palau; mai has vist bellesa tanta.

 

Jo per tu em moro d'amor: seràs rei de la muntanya.

 

Mira, els braços tinc oberts

 

si vols rebre una abraça da.

 

Vine, vine, pastoret !

 

Vine amb mi dintre de l'aigüa ! »

 

Jaume MASSO I TORRENTS – La Fada.

 

 

L'absinthe, le trou noir, le vortex, la chanson, la gitane qui lui avait ouvert les bras pour l'attirer derrière ce rideau salvateur, la sorcière, la fée bleu, l'absinthe et les souvenirs qui lui remontaient maintenant par saccades. Tout en déboulant sur la place Cassanyes, il jeta un oeil rapide sur le scan du vortex. Son point de genèse correspondait à une fenêtre étroite située au dernier étage d'un immeuble à la façade décrépie. Sans hésiter, il se fraya un passage entre la foule qui se faisait de plus en plus dense et sortait de toute part en direction de la place du Puig. Absorbé par sa course, il ne fit d'abord pas attention à la rumeur polyglotte qui emplissait tour à tour la place d'arabe, de calo ou de catalan. Il trouva juste cela un peu étrange car ce n'était pas jour de marché.

 

Il s'engouffra dans l'immeuble et grimpa les marches quatre à quatre jusqu'au cinquième. Il hésita un instant. Le couloir offrait une douzaine de portes ouvrant chacune sur une cellule à sommeil éclairée par une mince fenêtre située en hauteur à la manière de Le Corbusier. Il pénétra par la première porte entrouverte et reconnut immédiatement la négligence de Gunther. De tous les derniers tireurs de la secte des assassins, c'était le seul qui pouvait abandonner avec audace un téléphone et une pièce accessoire de Rowenta calibre 24. D'ailleurs, le mot gravé sur le volet en mélèze  « Hasta la vista,  Bob ! » était même signé.

 

Un cri strident jaillit de la place en ébullition jusqu'à la fenêtre. Bob passe la tête, songeur. Il ne lui reste plus qu'une extrémité du vortex à fouiller mais cette idée le rebute.

 

SMS à Jane : « Décongelez Arghata, je rentre. Bob».

 

Sur la place, il fait trop chaud. La porte sans teint du commissariat de quartier est grande ouverte et sur le pallier se tient cet incapable d'Hortenfeu. Ce n'est pas le moment de se le prendre encore dans les pattes. Avec l'histoire des Pirates Somaliens, il a déjà failli tout faire rater avec ses communiqués de presse à la con sur l'engagement héroïque de la nation des droits de l'homme pour rétablir la liberté du commerce dans les mers du Sud. Tout ça pour faire croire aux fils de pauvres que les pirates existent et pour que ses potes croisièrent tranquilles.

 

Bob décide de faire un détour par les jardins Saint-Jacques. C'est là où il réfléchit. Il a besoin de vert pour réfléchir, de légumes, de fruits, de salade. Y en a bien qui bouffent du vert pour être en forme, lui, Bob Dainar, le vert, il lui en faut pour réfléchir. Sinon, ça coince.

 

Dés son arrivée à Perpignan, avant même de monter l'agence, il a trouvé ce vieux catalan qui cultive de la verdure (Bob ne se rappelle jamais le nom des légumes, pour lui c'est tout de la verdure à réfléchir) nécessaire à son équilibre mental. Il passe des heures au verdurier à regarder la verdure, et ça, à Bob, ça le détend et alors il réfléchit. Il parle aussi à l'ancien, qui regarde Bob faire. Et le vieux de Saint-Jacques l'interpelle :

 

-  hé, pssst, psssst, tu cherches ? Pssst, tu veux du vert ?

 

Plein de vert dans la poche, Bob prit le chemin du retour. En remontant vers la place du Puig, il effeuilla les hypothèses : pas les franco-léninistes, pas les néositu, pas les agros afghans, non Arghata Crispies, ni son père Klaus, n'étaient mêlés à tout ça. Il devait forcément y avoir un lien avec son contrat en cours en Somalie et les diamants de Naomi. Avec la mise au vert, les souvenirs lui revenaient peu à peu. Pendant la guerre de Sierra-Leone plusieurs tireurs d'élites issus des assassinss, dont Gunther, avaient été embauchés par les opposants de Taylor, le dictateur léonien Les pirates finançaient alors l'opposition militaire et c'est Klaus Crispies, amant de Naomi, qui assurait les transactions. Arghata, avec son air de rien, devait sans doute en savoir plus.

 

Un obèse bourra Bob dans le dos. Il plongea sur le bitume. Un violent coup de pied l'atteignit dans le foie. Il se roula en boule. Les coups cessèrent. Il se traina péniblement sur le trottoir. Ses agresseurs reculaient tandis qu'une autre bande avançait dans sa direction. Plongé dans ses hypothèses, depuis le début absent de l'émeute qui prenait corps, il avait atterrit au beau milieu de la baston. Les groupes se faisaient face, s'observant à distance. Chacun pensait que Bob était de l'autre et il devenait la cible des plus lourds projectiles. Sur le trottoir d'en face, un rideau de fer se releva brusquement laissant apparaitre une jeune gitane aux bras dorées et dénudée jusqu'à mi-hanche qui chanta à Bob d'une voix douce et sécurisante :

 

- Viens dans mes bras, brave Dainard, viens avec moi, Bob, viens vite...

 

 

À SUIVRE...

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

L'Oeil du Pharynx

Qui sommes-nous ?

Partagez avec vos amis !

Vous cherchez quelque chose ?

Quel jour sommes-nous...

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Vous voulez créer un blog ?

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés